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EBRC : Engin Blindé à Roues de Contact

 
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EBRC : Engin Blindé à Roues de Contact
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Panther
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En toute discrétion, l'EMAT réfléchit actuellement à ses besoins en matière de blindés dans le cadre de la numérisation du champ de bataille. Le projet est ainsi né d'un engin blindé à roues de combat (EBRC) destiné non pas simplement à se substituer aux AMX 10 RC, mais bien à occuper une nouvelle place au combat entre les Leclerc et les VBCI. Ce nouvel engin, sur lequel Giat Industries et EADS travaillent déjà, aura pour tâche prioritaire le recueil de l'information au profit des systèmes de commandement, tout en offrant des capacités de tir sur des cibles masquées. Mais le défi est à la hauteur de l'enjeu et l'armée de terre est encore loin d'avoir gelé les choix technologiques de ce programme.

L'armée de terre veut un blindé communicant :

L'EMAT a lancé, voici déjà quelques mois, des réflexions préliminaires visant à définir le concept d'un futur engin blindé à roues de combat (l'EBRC) destiné à venir s'insérer vers 2011 dans la panoplie des moyens de l'armée de terre aux côtés des Leclerc, VBCI et autres VBL. Un besoin qui trouve ses origines avec la variante reconnaissance de l'ex-projet VBM qui, par ailleurs, a donné naissance au VBCI.
Un document d'orientation a donc été adressé par l'EMAT à la DGA. Il indique un besoin à l'horizon 2011 pour un blindé moyen, quatre fois moins cher que le Leclerc, excellant en tout chemin, capable de franchir des gués de 1,2 m, destiné au contrôle de zones urbaines ou ouvertes dans le cadre d'opérations de maîtrise de la violence ou de projection d'urgence, d'opérations de coercition (système d'acquisition du renseignement), voire pour faciliter l'engagement des Leclerc en assurant leur éclairage sur l'avant et les flancs. La réflexion opérationnelle n'est toute fois pas encore close.
Le document demande aussi à la DGA de préciser en 2006 les technologies évoluées émergentes vraisemblablement disponibles pour une éventuelle intégration sur l'EBRC. A la suite de quoi la DGA a lancé un certain nombre d'études amonts (des ETO ou études technico-opérationnelles) visant, via le recours à des « mulets » ou à la simulation, à explorer les domaines les plus prometteurs ou comportant le plus de risques technologiques, tout autant que les concepts d'emploi tactique propres à ce véhicule. Giat Industries et EADS viennent ainsi d'obtenir un contrat d'études préliminaires concernant l'EBRC.
Bien évidemment, au vu du caractère très amont de ces études, les options techniques et technologiques demeurent encore très ouvertes. Ainsi, même si les opérationnels misent à fond sur l'option à roues (l'acronyme du programme le souligne), les ingénieurs de Giat Industries n'en continuent pas moins à évaluer le recours à la chenille souple. De fait, très peu de choix ont encore été effectués.

Deux EBRC par A 400M ?

Et, aujourd'hui, le principal point d'achoppement concerne la masse de l'EBRC. En effet, l'une des demandes prioritaires de l'EMAT concerne l'aérotransportabilité de l'engin : l'avion de transport européen A 400M devra pouvoir en emporter deux à la fois. Cette demande s'avère lourde de contraintes. En effet, cela impose, au vu des contraintes dimensionnantes hautes de l'A 400M en matière de distance franchissable sans recours à une escale ou à un ravitaillement en vol, de limiter à 36 tonnes la charge emportée. Autrement dit, l'EBRC ne devrait pas, pour satisfaire à ce cadre, dépasser les 18 tonnes.
Encore convient il de préciser que les blindés prennent automatiquement du poids lors des diverses modernisations subies tout au long de leur longue vie (les opérationnels souhaiteraient d'ailleurs disposer initialement d'un volume modulaire de 2 m3 pour pouvoir intégrer à terme de nouvelles armes, munitions et équipements) et que pour conserver un potentiel de croissance à l'EBRC et en emporter malgré tout encore deux à bord d'un A400M, il conviendrait que leur masse ne dépasse guère, au départ. les 16 tonnes. Encore convient il de s'entendre sur ce que comporte cette masse. S'entend-elle d'un EBRC en ordre de combat avec son lot de munitions, les pleins de carburant, l'équipage et tous les impedimenta classiques ? Ou bien ne s'agit il que de carcasses vides, le reste suivant à bord d'autres A400M ? La question est loin d'être tranchée. Pourtant elle se révèle essentielle.
Ainsi, Giat Industries verrait bien, pour d'évidentes raisons de logique industrielle et d'amélioration de la logistique opérationnelle, le recours au châssis du futur VBCI (aux qualités largement démontrées par le démonstrateur Vextra) dont les livraisons de série devraient normalement débuter en juin 2006. C'est à dire à un châssis 8 x 8. Or, conserver le devis de masse de l'EBRC à moins de 18 tonnes passerait nécessairement, à en croire les opérationnels, par un châssis 6 x 6. Lequel apportera d'ailleurs de sévères contraintes opérationnelles par rapport au 8 x 8 et réduira les possibilités d'évolutions futures.

Tirs directs et indirects :

Opter pour le châssis 8 x 8 imposerait donc de revoir les contraintes d'aérotransportabilité et d'accepter que l'A 400M ne puisse en emporter qu'un seul ou bien deux sur des distances plus courtes ou bien encore avec un recours au ravitaillement en vol. Toutefois, il n'en reste pas moins vrai que le châssis du VBCI serait, toujours selon les militaires, trop haut et donc insuffisamment furtif au regard de l'emploi prévu des EBRC...
Par ailleurs, l'armement lui même dépendra du choix du châssis. En effet, le 8 x 8 permettrait le montage d'un canon de 105 mm électrochimique et assurerait une continuité avec les performances de tir actuelles des AMX 10 RC. Le 6 x 6, en revanche, n'autoriserait l'emport que du 40 CTA de 40 mm sous tourelle télépilotée à structure en titane développée par CTA International, une coentreprise unissant Giat Industries à BAIE Systems.
Dans les deux cas, le canon devra être apte à tirer en site élevé pour frapper, en combats urbains, les étages les plus élevés des immeubles, ainsi que pour tirer sur les hélicoptères. Ceci dit, il n'est pas demandé par les militaires que le canon de l'EBRC soit capable de détruire un char de combat (c'est la mission du Leclerc) mais seulement qu'il puisse le neutraliser, par exemple en détruisant ses chenilles ou par le recours à des munitions spécifiques s'en prenant aux senseurs du char adverse afin de l'aveugler et de le rendre impuissant.
En outre, l'EBRC devrait être doté de missiles à guidage terminal par fibre optique de 2 à 6 Km de portée assurant à son équipage des capacités de frappes indirectes ou sur des cibles masquées d'une précision chirurgicale ainsi qu'un retour d'informations immédiat sur la situation tactique tout au long du trajet du vol du missile compensant largement l'éventuelle absence du canon de 105 mm.

Blinder le centre :

Quant au domaine de la propulsion de l'EBRC, il constitue aussi une source d'interrogations. Les ingénieurs verraient bien l'intégration d'une propulsion mixte (moteur Diesel entraînant une dynamo générant de l'électricité pour des moteurs électriques placés directement sur chaque roue) espérée mature à cet horizon. Technologie qui apporterait une plus grande discrétion sonore ainsi qu'une très grande souplesse architecturale.
Il deviendrait alors possible de revoir les emplacements traditionnellement réservés au groupe motopropulseur (GMP) et à l'équipage. Par exemple, en plaçant le GMP à l'avant pour, comme sur le Merkava israélien, améliorer la protection frontale, tandis que les trois hommes de l'équipage seraient rassemblés au centre du châssis. Car pour les opérationnels, il ne fait aucun doute que l'EBRC sera équipé d'une tourelle téléopérée permettant de conserver le tireur et le chef de bord dans le châssis avec le pilote, ce dernier assurant aussi le tir des missiles et du minidrone. Le blindage de la tourelle sera ainsi minimal. Mais cela offrira aussi de sérieux gains en matière de hauteur de l'engin, donc de discrétion visuelle.
Rassembler l'équipage au centre du châssis permettrait ainsi de réduire le blindage à la seule protection du compartiment vie, donc de gagner en masse. Des kits de blindage adaptés faisant éventuellement appel à des options dites soft et hard kill (détection des tirs par des senseurs IR à analyse d'image, des DAL et autres détecteurs laser d'optique pointée, moyens de brouillage/ECM et tirs visant à détruire l'obus en vol dans sa phase terminale) pourraient ensuite être montés en fonction des circonstances opérationnelles. Encore faudrait il que la propulsion mixte se révèle technologiquement parlant réellement mature. D'où la passation à l'industrie de contrats visant à la réalisation d'un démonstrateur de ce type de propulsion.

Les yeux de la manoeuvre

Enfin, l'EBRC se distinguera par ses capacités de recueil du renseignement. Certains d'entre eux (au moins un par peloton) emporteront un minidrone tiré à partir de la tourelle, voire à plus long terme des véhicules terrestres téléopérés. Ainsi équipés, les EBRC, par ailleurs dotés de moyens complets et performants d'observation jour/nuit, devraient pouvoir participer efficacement à l'élaboration de la situation tactique sur les zones lacunaires (détection des points faibles du dispositif adverse, repérage des bases logistiques), assurer la couverture des flancs et arrières, éventuellement éclairer les unités d'attaque.
Les opérationnels estiment ainsi qu'il devrait être possible de mêler au combat un peloton d'EBRC dotés de minidrones à un peloton ou un escadron de Leclerc. Les EBRC seraient alors à même de fournir aux Leclerc les positions géoréférencées des sites adverses masqués. Les chars de combat pouvant de la sorte progresser en zone lacunaire en évitant de se faire repérer par l'adversaire ou au contraire le frapper en profitant à fond de l'effet de surprise. La mobilité du Leclerc s'en trouverait de la sorte optimisée. A terme, une variante spécialisée de l'EBRC devrait aussi assurer le remplacement des véhicules actuels d'observation travaillant au profit de l'artillerie sol sol, les VOA.
Reste que le véritable défi de l'affaire consistera dans l'optimisation de la gestion de l'information. L'équipage devra obtenir, via la fusion de données provenant de ses capteurs embarqués et de ses engins externes téléopérés, une vision évoluée de la situation tactique. A l'échelle de l'unité élémentaire (escadron) la gestion des flux horizontaux (entre les engins de l'unité) et verticaux (vers les échelons supérieurs) d'échanges de données, ainsi que le maillage, constitueront une tâche particulièrement importante. Il reviendra aussi de décider des données qui mériteront ou non d'être envoyées à l'extérieur (vers le bas et vers le haut).
Ainsi, les alertes concernant une menace ou un tir provenant des différents éléments du peloton ou de l'escadron seront intégrées dans le SIT (système d'information terminal). Ce qui permettra de mieux localiser l'adversaire tireur, de préciser quel engin du peloton est véritablement menacé et éviter des tirs ECM redondants, mais aussi de gérer l'autoprotection globalement au niveau de l'unité élémentaire et non plus du seul véhicule.
Les moyens d'observation et les capacités de traitement de l'information embarqués dans l'EBRC devraient en faire un élément essentiel de la conduite numérisée du combat, notamment du futur système d'information du contact, le BOA. Mais ceci en privilégiant la recherche du meilleur rapport efficacité opérationnelle/coût et non plus l'intégration forcée de ce qui se fait de plus performant en matière technologique comme ce fut le cas avec le Leclerc. Il n'est paraît-il plus question d'intégrer de la haute technologie pour le plaisir des ingénieurs.
De fait, si les EBRC sont bien destinés à remplacer physiquement les AMX 10 RC, il est d'ores et déjà quasi certain que la gamme des missions couvertes n'aura rien de commun.
D'ailleurs, les EBRC travailleront de concert avec les Leclerc. Il est également question que soit créé, à terme, au sein de chaque brigade interarmes, dans le cadre de la numérisation de l'armée de terre, un escadron de reconnaissance EBRC. L'entrée en service annoncée pour 2011 paraît à cette aune bien optimiste.

Source : Air-défense.net




Dernière édition par Panther le Lun 15 Déc - 14:08 (2008); édité 1 fois
Lun 15 Déc - 11:26 (2008)
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Lun 15 Déc - 11:26 (2008)
darklinux
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C 'est un remplaçant au VAB ?
Dim 25 Déc - 20:59 (2011) Visiter le site web du posteur
Icem4n
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Panther a écrit:
Le projet est ainsi né d'un engin blindé à roues de combat (EBRC) destiné non pas simplement à se substituer aux AMX 10 RC, mais bien à occuper une nouvelle place au combat entre les Leclerc et les VBCI.

Autrement dit, l'EBRC est le remplaçant du 10RC, mais sera plus polyvalent que ce dernier.
Dim 25 Déc - 22:48 (2011)
DarkLabor
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Message EBRC : Engin Blindé à Roues de Contact Répondre en citant
Et le VBMR (Véhicule Blindé Multi-Rôles) remplacera le VAB à la suite de ses longues années de service.

_________________
Se reconstruit doucement mais sûrement.
Lun 26 Déc - 01:12 (2011) Visiter le site web du posteur
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